Sauvegarde de notre église
Quelques lignes sur l'histoire de l'église de Freigné
Sources: Dictionnaire Historique du Maine et Loire par Célestin Port (1876), Histoire de la Baronnerie et du Canton de Candé, par le Comte René de l'Esperonnière de Vritz (1895), Freigné 1900-2000 Cent ans d'histoire (2002)
Avant 1850, la paroisse de Freigné disposait d'une ancienne et petite église, déjà située sur la place du village, au milieu de son vieux cimetière. Présente à l'aube de l'an 1500, son état de délabrement était tel que seule la démolition était raisonnablement envisageable.
La "nouvelle" église, celle actuelle a été construite entre 1849 et 1854. La vente des landes communales par le maire de l'époque, Alexis Gaudin, avait rapporté beaucoup d'argent à la commune ce qui a permis la construction d'une grande église. Les plans ont été réalisés par l'architecte Heulin, d'Angers et la réalisation par l'entrepreneur Dodin, de Nantes, pour un coût total de 125 877.53 francs (de l'époque...).
Les travaux débutèrent le 23 avril 1849, la Grand'Messe de la fête de l'Ascension y fut célébrée le 29 mai 1851. Une bénédiction du curé Robineau marqua l'achèvement des travaux, fin janvier 1854. L'église fut consacrée à Saint Pierre et Saint Paul, comme celle qui la précédait, par Monseigneur Angebault le 10 avril 1866.
Construite dans le style du XIIIe siècle, elle est l'une des plus vastes et des plus belles de la contrée. Le bâtiment est solide car bien construit, selon "les règles de l'art".
La façade vers l'ouest, avec la grande porte, le perron et une fenêtre à double meneau ornée d'un vitrail dédié à la Sainte Vierge, est formée par le clocher carré, surmonté d'une galerie et d'une flèche hexagonale en tuffeau, cantonnée de quatre clochetons; la croix s'élève à cinquante mètres au dessus du sol et le coq à 51 mètres!
Un porche intérieur, avec tribune, donne accès dans la nef à trois travées que termine un transept et une abside à pans coupés dont les vastes dimensions complètent le caractère grandiose de l'oeuvre.
Les fenêtres du choeur et des absidioles sont décorées de très beaux vitraux exécutés par Echappé de Nantes. La rosace du transpet gauche est consacrée à la Sainte Vierge et portes les armoiries de la famille de Bourmont et des familles alliées. La rosace du transept droit, aux armes des l'Esperonnière de Vritz et familles alliées, est dédiée à Saint Michel Archange et aux Saints Anges.
Les peintures des deux chapelles dans les transepts de gauche et de droite ont été exécutées par MM. Grasneau et Robert d'Angers. Ce sont des réalisations tout à fait remarquables et rares. Le grand autel avait été décoré de même, il a, malheureusement été déposé en majeure partie dans la deuxième moitié du XXe siècle.
Le Statuaire de l'église, le monumental chemin de croix (réalisé par Bouriché, d'Angers), la chaire en bois et les deux confessionnaux (réalisés par Grasneau en 1872), la vieille horloge à poids et contre poids, inutilisée, mais toujours en place (livrée par M. Gourdin, à Mayet Sarthe), le carrelage émaillé et les boiseries du choeur, sont autant d'oeuvres d'art de grande qualité.
Quatre cloches habitent le clocher de Freigné depuis le IXe siècle, témoignant des évènements joyeux ou tristes survenus dans la paroisse...Le Bourdon, la Grosse Cloche, la Petite Cloche et la Moyenne Cloche. Toutes ont été baptisées par Léon XIII en 1899. La Chambre des cloches comme la charpente sont de véritables oeuvres d'art de charpentier.
Extrait de l'histoire de la Baronnie et du Canton de Candé par le comte René de l'Espéronnière